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Retour de Biennale du design de Saint Étienne #6 / La relation complexe entre machine et humain

Retour de Biennale du design de Saint Étienne #6 / La relation complexe entre machine et humain

Pour Johanne, Brand Designer Junior chez Dici, la relation complexe entre la machine et l’homme était parfaitement illustrée par la poésie dégagée par le piano Wiki IRC.

Celui-ci est plus proche d’un objet artistique que d’’un objet design car il n’a pas vraiment un usage qui réponde à une solution. Ce piano connecté utilise le fruit du labeur des usagers de Wikipédia, l’encyclopédie collaborative. A chaque modification de page (sur la version francophone), l’ensemble est codé, transformé en son et joué sur le piano, le tout en temps réel. Cela était tout à fait perceptible car je suis passée devant à des heures différentes (fin de matinée, milieu d’après-midi) et les sons joués par la machine étaient radicalement différents. La musique ne subissait aucun temps mort et était beaucoup plus mélodique que lors de mon premier passage.
Le lien entre humain et robot peut prendre d’autres aspects comme l’hétéromatisation (heteromation en anglais). Ce mot m’était jusque-là complètement inconnu. Inventé par deux chercheurs nord-américains (Amid Ekbia, Bonnie Nardi) il décrit « les programmes automatisés qui font travailler des usages humains » ou, plus simplement, il définit  la notion du remplacement de l’humain au travail par les robots.
Le film Do you love me ? propose une vraie réflexion sur le remplacement de l’homme par les machines dans le travail de demain. Ce concept est certainement mon coup de cœur de cette Biennale. L’idée était de proposer au robot Cleverbot (logiciel de chat utilisant un algorithme d’intelligence artificielle pour établir une conversation avec des usagers) de co-écrire un scénario de film. Chris Wilson illustre parfaitement, dans son projet, la capacité que peut avoir une intelligence artificielle à réfléchir et à raisonner. Le problème est que Cleverbot n’a pas été conçu pour répondre à ce genre de problématique. Il est incapable de fournir des réponses cohérentes. D’une part, ses connaissances ne le lui permettent pas, bien qu’elles soient en permanence approvisionnées grâce aux dialogues qu’il peut avoir avec les internautes, d’autre part, il ne sait pas lier les différents échanges lors d’une conversation malgré une « mémoire à court terme » qui lui octroie la capacité à évaluer un contexte. Si Cleverbot était une personne au sens physique, celui-ci aurait une conversation complètement décousue avec un autre humain. Dans le cadre de la biennale du design, dont le thème 2017 était « Panorama des mutations du travail », ce projet amène la preuve que les machines sont loin de pouvoir se substituer à l’homme dans certaines tâches.
Les métiers où cohérence et réflexion sont primordiales ont donc encore de beaux jours devant eux.

Retrouvez les précédents articles de Johanne ici :.
Pour qui travaillons-nous? / Contrainte & objets connectés / Plénitude & objets connectés

Crédits photos : Johanne AUCLAIR

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