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Le design doit se trouver des indicateurs de bénéfices financiers !

Vaste sujet !

Cela fait plusieurs dizaines d’années que les designers, créateurs, concepteurs, artistes sont au service de l’entreprise. La valorisation de la création est toujours difficile à chiffrer car elle appartient au monde des actifs immatériels et ce malgré les nombreux exemples concrets qui existent dans le monde (cf : Coca-Cola, Dyson, Apple, Décathlon, Schneider Electrics, IKEA, etc.).

Le branding et le marketing sont sur les mêmes postures que le design mais ils ont appris plus vite à parler le langage de l’entreprise et répondre à la question « Combien cette action va-t-elle générer de bénéfices ? ». Des sociétés comme Interbrand produisent même un classement mondial des marques (par pays) et l’éditent tous les ans. De plus en plus de fusions-acquisitions prennent en compte la valeur des marques d’une entreprise.

Je travaille depuis plusieurs mois avec Brigitte Borja de Mozota, théoricienne des organisations. Le but de notre collaboration étant de créer des indicateurs valables comme aide à la valorisation d’une société, ses produits, services et marques. Je me suis impliqué dans cette démarche de recherche parce que je suis persuadé que le designer, s’il veut pouvoir trouver sa place dans les organisations, doit parler de gains et d’objectifs commerciaux et financiers.

Nous savons après plusieurs années de direction d’agence, sur de nombreux secteurs d’activités, que nous rapportons de l’argent à nos clients (ils ne nous payent pas parce qu’ils sont philanthropes). En moyenne, que ce soit sur un développement de projet ou un accompagnement stratégique, nous avons été capables de créer de la valeur ajoutée et améliorer les marges de nos clients de façon substantielle (+ 20%).

La posture du créatif-artiste doit cesser. Les personnes hors de notre profession répondent à la question « connaissez-vous un designer ? » par « oui, Starck ».

Et finalement, cette posture permet à une communauté de se cacher derrière une star pour éviter de se justifier quand à son apport concret aux projets d’entreprises qu’elle mène. Il serait temps que les chefs de projets créatif parlent le langage de l’entreprise, nous ne serons pas tous des Starck.

Depuis longtemps, la démarche artistique et esthétique est liée dans l’inconscient collectif à l’image de l’homme rongé par la passion, pauvre et sans attaches, le sacerdoce. Les artistes qui gagnent bien leur vie perdent d’ailleurs leur statut d’artiste (« Ils sont à la solde du capital »). Il n’existe d’ailleurs presque pas d’artistes français dans le top 100 des artistes cotés dans le monde.

La démarche de création est valorisable. C’est une démarche intellectuelle profonde et impliquante. Il nous suffit, chers amis, de poser des chiffres sur des mots !

 

Le Cri _ Edvard Munch

 

E.T.

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