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Enseignement / Interview de Olivier HIRT de l’ENSCI

Enseignement / Interview de Olivier HIRT de l’ENSCI

Nous vous proposons, aujourd’hui, de mieux connaître l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) grâce à l’interview de Olivier HIRT, responsable pédagogique de l’école.



1. Pouvez-vous nous présenter l’ENSCI ?

L’ENSCI est une école publique nationale dédiée au design.

Créée en 1982, elle compte environ 200 élèves, qui suivent une formation « généraliste », au sens où le cursus n’est pas organisé en spécialités. Le programme des enseignements couvre l’ensemble des champs de la création industrielle, au sens contemporain et le plus étendu du terme (incluant produits et services et les nouveaux champs comme le numérique ou l’innovation sociale) et comporte des activités dans des champs connexes du design (graphisme, arts plastiques, etc.).

L’école a des liens étroits avec l’industrie ou des organismes publics, la quasi totalité des projets se faisant en partenariat avec un acteur extérieur. En formation, comme maintenant en recherche dans le cadre de Paris Design Lab, la structure de recherche de l’ENSCI.

L’école délivre plusieurs diplômes :

  • le master de « Créateur industriel », diplôme originel et principal de l’école, qui accueille entre 40 et 50 élèves par an ;
  • le master de « Designer textile » ;
  • deux mastères spécialisés (post diplôme en un an, accrédités par la Conférence des Grandes Ecole) : « Création et technologie contemporaine » et « Innovation by Design ».

Des partenariats avec d’autres établissements permettent également depuis peu aux élèves en « Création industrielle » de préparer leur diplôme en double cursus pour obtenir, à l’issue de leur parcours, un deuxième master en management de l’innovation (Ecole Centrale Paris), urbanisme (Université de Marne-la-Vallée), « Design, médias et technologies » (Université de Paris 1, Telecom ParisTech et ENSCI) ou création et développement numérique (CNAM, Université de Paris 8 et ENSCI).

L’ENSCI propose également un double cursus de niveau licence, en « Sciences et design » en partenariat avec l’Université de Paris 6.

Nous souhaitons proposer à nos étudiants d’approfondir leur métier tout en s’ouvrant à d’autres domaines.

2. Quels sont les objectifs pédagogiques prioritaires de l’ENSCI ?

Le cursus Créateur industriel est une formation « généraliste ». Notre objectif est de former des designers à même d’occuper des fonctions dans les différents champs de la création industrielle, au sens le plus étendu du terme (produits, services, nouveaux champs, …).

Nous leur offrons une formation où ils sont les acteurs de leur orientation, le cursus étant individualisé. Chaque élève acquiert un ensemble de connaissances, d’outils et d’expériences propre lui procurant un profil et un positionnement singuliers.

Les élèves, à leur entrée dans le cursus, ont des origines très différentes (en termes de disciplines et de niveau d’études) ; le parcours individualisé au sein de l’école renforce la diversité des profils à la sortie.

Un dispositif d’accompagnement étroit des élèves vise à leur donner une capacité critique, une autonomie et un positionnement clair et cohérent. Le terme « créateur » est à relier à une capacité à construire une position de designer, que ce soit dans une pratique en indépendant ou en entreprise.

3. Comment préparez-vous les étudiants à leur arrivée dans le monde du travail ?

A la sortie de l’ENSCI, les diplômés peuvent se diriger vers l’industrie (comme designer intégré,  en entreprise), vers les agences de design ou vers une pratique en indépendant.

Les élèves côtoient les entreprises ou des organisations tout au long de leur cursus, dans le cadre des projets de design réalisés en partenariat. Ils travaillent sur des questions ancrées dans une réalité sociale, économique et industrielle. Les échanges avec les intervenants, les designers et les enseignants de l’école, tous professionnels en activité, sont des occasions de connaissance et compréhension des contextes de la pratique professionnelle.

Enfin, nous programmons des modules d’enseignement préparant à la vie professionnelle – sur la propriété intellectuelle, la construction d’une stratégie d’une agence, l’installation à son compte, etc. Les jeunes diplômés peuvent se poser des questions sur la rédaction d’un CV mais également sur le choix d’un statut juridique pour exercer, la tarification des prestations et l’établissement d’un devis, etc. La transmission d’informations passe aussi, à ce moment-là, par la relation entre jeunes diplômés et anciens élèves déjà installés, qui les font profiter de leur expérience.

4. Quels sont les enjeux actuels de l’ENSCI ?

La société, l’économie, l’industrie sont dans un moment de transformations fortes générant aussi un renouvellement des façons de créer et d’innover ensemble. Les enjeux pour l’ENSCI sont de contribuer à installer le design au cœur de ces nouvelles formes de création et d’innovation – aux côtés de la recherche, de l’ingénierie, du marketing ou des sciences sociales. Cela passe par une pleine inscription de l’école dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, une extension des thématiques des projets, le développement d’une activité de recherche propre et la mise en place de nouvelles formations pour accompagner les transformations  et l’émergence de nouveaux champs d’activité.

Les diplômes de Créateur industriel et Designer textile de l’ENSCI sont reconnus comme masters. L’ENSCI est membre fondateur du nouveau Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur HESAM (Hautes Etudes, Sorbonne, Arts et Métiers)[1] et a noué de nombreux autres partenariats en enseignement et en recherche. Elle a créé le Paris Design Lab, cadre de ses activités de recherche et a établi des liens pour permettre à ses élèves de passer un semestre en résidence « hors les murs » à l’international (en particulier avec NUS à Singapour, l’Université de Chiba au Japon ou dans le cadre d’un parcours européen de master en design, MEDes) ou dans d’autres écoles de création (école d’architecture de Paris – Belleville, studio du Fresnoy, etc.) ou enfin au sein de pôles d’innovation (Grenoble, Saclay).

T.I.



[1] Regroupant notamment l’ENSCI, l’Université de Paris 1 Panthéon – Sorbonne, l’EHESS, l’EPHE, l’ESCP, le CNAM, Arts et Métiers ParisTech, l’EFEO et l’Ecole des Chartes.

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