BLOG

Conférence sur l’enseignement du design management / Salon Maison & Objet

Le salon Maison&Objet est un incontournable du milieu du design. Deux fois par an, à Villepinte, il propose d’explorer tout l’univers de la mode-maison. Il se présente comme un « pôle d’attraction de tous professionnels. Design, mode-maison, objet, arts de la table… ».

En plus de l’exposition d’objets, des conférences sont organisées.

Nous nous sommes intéressés à deux d’entre elles : l’enseignement du design management et le lancement officiel du R3iLab avec comme toile de fond l’innovation immatérielle.

Brigitte Borja de Mozota (Directrice de la recherche, Université Paris Ouest /Parsons School of Design +Art), Nicolas Minvielle (Responsable Master Spécialisé Marketing Design et Création, Audencia Nantes) et Jean-Luc Barassard (Directeur Stratégie Entreprises, Ecole de design Nantes Atlantique) ont participé à la table-ronde du 4 septembre sur l’enseignement du design management.

En voici un résumé et mes conclusions.

Quels sont les spécificités du design management ?

La gestion de projet, des équipes et du budget sont au cœur des problématiques du design manager comme de tout autre manager. La particularité de la méthodologie du design et du niveau de réflexion des projets créatifs amène néanmoins le design manager à travailler de manière transversale dans l’entreprise.

La question qui se pose est donc la place du design dans l’entreprise pour que la « greffe » du design prenne.

Plusieurs typologies existent :
– Le design manager peut être intégré au service marketing, au service innovation, aux ressources humaines ou au comité de pilotage stratégique. Ce rattachement est fonction de la volonté et de la culture du dirigeant.
– Le design, en tant que ressource pour l’entreprise, a vocation à s’appuyer sur la Direction et sur la stratégie de l’entreprise.

Il existe plusieurs freins à la valorisation du design manager dans l’entreprise :
– La connaissance du métier « design » et la surexposition médiatique des designers d’édition (création et diffusion d’objets).
– Les études et actions des pouvoirs publics, trop peu nombreuses, qui devraient expliquer l’intérêt du métier aux chefs d’entreprises et aux décideurs.
– La sensibilisation des interlocuteurs aux problématiques design de l’entreprise.
– La reconnaissance de la carrière et de l’évolution au sein de la profession, la volonté de « lâcher le crayon ».

Dans un pays à forte culture de l’ingénierie et de reconnaissance des ingénieurs-managers comme acquis, il n’y a pas de « ranking » des écoles de design et il n’existe pas de réelles valeurs théoriques des diplômes de design.

Néanmoins, la reconnaissance du design manager est en cours grâce notamment à des personnes comme M. Philippe Picaud (DECATHLON, CARREFOUR), M. Pierre-Yves Panis (LEGRAND) ou M. Yo Kaminagai (RATP).

Pour Brigitte Borja de Mozota, la logique de conception d’une entreprise va de paire avec la logique méthodologique de création du designer, en travaillant sur les trois valeurs d’essence (communication et marketing), de technologie (ingénierie et finance) et d’usage (design et innovation). Le chef d’entreprise effectue des choix de ressources qui sont autant de leviers impactant sur le fonctionnement d’une entreprise.

La méthodologie du design (design thinking) basée sur le principe d’équation entre image, usage et technique est très proche de la stratégie de pilotage d’une entreprise. Le design manager a donc une légitimité forte dans un comité de pilotage.

Les pays anglo-saxons l’ont compris et intègrent le design au plus près de la Direction de l’entreprise, que ce soit en interne ou en partenariat avec des agences (IDEO).

Néanmoins, les écoles et les enseignants ont leur part de responsabilité. En effet, les étudiants ont toujours comme « voie royale » le design d’édition et le dessein de créer  la « plus belle chaise du monde ».

Il existe peu de récompenses sur le démarche de design management d’une entreprise. Le Design Management Europe Award (DME) est un concours qui récompense l’ensemble de la démarche de design d’une entreprise. Malheureusement, peu d’entreprises françaises font la démarche de reconnaissance de leur méthodologie de design.

Encore beaucoup de choses à faire !

Le regard des entrepreneurs sur le design commence à changer. Les agences adoptent un positionnement plus global et stratégique et deviennent des agences de conseil stratégique.

En réponse à l’ensemble de ces problématiques sur le management du design, dici design a vu deux de ses clients récompensés par un DME Award et continue à accompagner ses clients sur l’intégration du design dans l’entreprise.

A la suite du repositionnement de son entreprise et de ses marques et produits, M. Dominique Picard, PDG de WATT&CO a décidé d’intégrer un designer. Il est suivi par l’agence qui externalise le design management dans le but de créer un service de design pérenne chez son client.

E.T.

Choose To Share :-  

3 thoughts on “Conférence sur l’enseignement du design management / Salon Maison & Objet

  • Clément   |   septembre 14, 2010

    Bonjour et merci pour le compte-rendu !

    J’aurais deux petites remarques :

    Bien qu’il n’y ait pas de « ranking des écoles de design » officiel en France, il y en a un qui serait officieux. Je pense simplement que les écoles qui font le plus parler d’elles par diverses initiatives (La Biennale pour l’ESADSE, les partenariats pour l’ENSCI et l’EDNA, etc.) apparaissent comme les « meilleurs » écoles. Enfin, tout dépend ce qu’on entend derrière « meilleurs écoles ». J’avais écrit à ce sujet un article sur le classement des meilleurs écoles de design selon Business Week qui cherchait à expliquer en quoi la méthode de classement pouvait être sujet à caution. ( http://bit.ly/2crCot )

    Je ne pense pas que le design d’édition demeure la « voie royale » pour toutes les écoles. Certaines sûrement, mais pas toutes.

Leave a reply